Mon histoire

Lorsque j’ai eu 16 ans, j’ai vu du poil apparaître sur mon menton. Vite, la honte, le médecin! Ce dernier m’a envoyé voir un endocrinologue. Plusieurs fioles de sang plus tard, j’ai reçu des résultats relativement encourageants. Le débalancement hormonal dont je souffrais se guérissait facilement par la prise de quelques médicaments. Prescription en main et menton caché dans mon foulard, je suis allée acheter le kit à la pharmacie. Personne ne m’a parlé des effets secondaires. Le résultat a été catastrophique. Prendre des hormones, ce n’est pas sans conséquence. Bref, je me suis retrouvée imberbe, mais avec 100 lb en plus. Je suis passée de 160 lb, ce qui était tout à fait correct pour moi, à 260. J’avais alors deux choix : accepter ce surplus de poids et vivre heureuse tout de même, ou me jeter en bas d’un pont quelconque. J’ai choisi d’être heureuse.

En faisant ce choix, j’acceptais mon surplus de poids et je l’assumais parfaitement. Plusieurs séances de psy plus tard, j’avais regagné ma confiance en moi et mon estime, malgré les nombreux kilos en trop. Aussi, comme j’ai engraissé très rapidement, je me ne suis jamais « vue » obèse. J’ai une excellente constitution et honnêtement, ce n’est pas 100 lb de plus qui allaient m’arrêter dans mes activités ! Certes, j’ai commencé à être moins active. Traîner 260 lb sur un terrain de badminton, c’était autre chose que 160. Mais je jouais quand même. Je jouais au tennis, au badminton, au volley-ball, au cosom et ce, régulièrement. Le but n’était pas de ne pas engraisser davantage ou de perdre du poids, mais de rester active comme avant.

Ça a été comme ça jusqu’à la fin de l’université. La fin de mes études a marqué la fin de mes activités sportives. N’ayant pas changé mon alimentation, je me suis évidemment vue engraisser. Y’a rien là, que je me disais, je suis encore capable.

Un moment donné, j’ai eu une période creuse entre deux emplois. Je ne m’aimais pas et évidemment, mon surplus de poids a été mon arme pour me taper sur la tête. En montant sur la balance, j’ai vu un « 3 » comme premier chiffre. J’avais passé le cap des 300 lb. Là, c’était assez. Mon côté zen n’adhérait plus du tout à « je m’accepte telle que je suis ».

J’ai alors acheté un p’tit livre d’un régime qui s’appelle « fit for life». En gros, ce qu’on prône, c’est qu’il n’y a que deux groupes alimentaires. Les fruits/légumes et le reste. Dans une assiette « fit for life», il ne devrait y avoir que le tiers de « autre » et le 2/3 de légumes. De plus, on prône le jeûne entre 20h et 6h, pour respecter le cycle de digestion naturel. Finalement, on suggère de manger seulement des fruits entre 6h et midi. J’ai fait ce truc pendant presque 6 mois. J’ai perdu 50 lb. Je fondais à vue d’oeil ! J’ai évidemment passé sous la barre du 300. Je me suis rendue à 270 lb. J’étais contente.

Par contre, c’était hyper contraignant comme diète et je savais que je ne ferais pas ça toute ma vie… Petit à petit, j’ai repris de mauvaises habitudes alimentaires et j’ai repris 45 lb en peu de temps. Il me reste quand même quelques réflexes de FFL, mais pas assez pour continuer de perdre du poids.

Donc, quand je suis tombée enceinte d’Éliane, la balance affichait 315 lb. Ça n’a pas été long que j’ai pris du poids et pris du poids et pris du poids… Poids que je n’ai jamais reperdu complètement. J’ai perdu peut-être une vingtaine de livres. C’était OK, je vivais avec, même si plein de trucs m’étaient désormais inaccessibles…

Quand on a acheté notre voiture, ce fut l’assaut final. De marcheuse because faut prendre le transport en commun, je suis devenue complètement sédentaire. On ne bouge que pour embarquer dans le char. J’ai pris 15 lb et 6 mois.

Là, c’était clair, mes jambes ne voulaient plus me supporter et j’ai commencé à avoir des palpitations cardiaques. Parallèlement à ça, la mère de mon ex est décédée. Fumeuse, bonne mangeuse, mais paraissant en bonne santé. Comme moi. Elle n’avait que 58 ans. Ça m’a donné un sacré coup. Aussi, dans la même période, j’ai écouté la dernière saison de Six Feet Under. Pour ceux et celles qui l’ont écouté, vous comprenez pourquoi ça m’a touché. Être obligé de réfléchir à ma propre mort, à ce moment-ci de ma vie, ça m’a fessé…

Donc, c’est là que j’ai pris des décisions. En fait, elles se sont prises toutes seules. Ça allait de soi. J’arrêtais de fumer, d’abord. Je m’étais dit que je m’attaquerais à ma santé globale après. Cependant, en arrêtant de fumer, j’ai eu peur d’engraisser. Je me suis donc mise à surveiller tout ce que je mangeais et à manger comme un oiseau. Tellement que j’en avais des étourdissements… J’ai donc pris tout ça en mains et je suis allée voir une diététicienne. Je me suis inscrite à WW aussi. Le principe est agréable, je le prends comme un jeu.

C’est là où j’en suis… Je suis encore motivée à bloc, même si des jours, c’est difficile. Je n’ai pas retouché à la cigarette depuis le 4 juin 2006 et le changement d’alimentation s’est fait le 20 juin 2006.

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